Le Desserto, un cuir de cactus d’exception

Le Nopal, un cactus fascinant aux multiples richesses

Le cactus est une plante fascinante. Par sa forme en premier lieu, mais surtout par son potentiel incroyable. Souvent réduit à un simple élément d’ornement, le cactus est une plante qui sait s’adapter et croitre dans des conditions hostiles, au point de tenir un rôle central dans l’équilibre de la biodiversité en milieu aride.

Le Nopal, aussi appelé figuier de barbarie, est un cactus originaire du Mexique pouvant mesurer jusqu’à 5 mètres. Cette plante est même représentée sur le drapeau mexicain depuis 1821. Le Nopal est un cactus aux multiples propriétés. Nutritives tout d’abord par ses fruits bien connus et par ses « raquettes » qui sont utilisées dans la cuisine mexicaine. Mais aussi cosmétiques par ses graines dont la pression à froid permet d’obtenir une huile riche en actifs anti-oxydants, aux propriétés hydratantes et protectrices.

C’est à partir de cactus vertueux que la société Adrian di Marti a décidé de développer à partir de 2017 un cuir vegan, le Desserto, avec l’ambition d’offrir une alternative réellement responsable au cuir animal et apporter une solution à l’industrie de la mode pour réduire son empreinte sur l’environnement.

 

Le Desserto, une alternative bien meilleure que le cuir animal face au réchauffement climatique

Le Desserto est un biomatériau fruit de l’alliance d’une trame textile, de polyols extraits d’huiles végétales et de résine de cactus. Le bilan environnemental de ce cuir de cactus est tout simplement excellent.

En premier lieu l’analyse du cycle de vie réalisée par Adriano di Marti a mis en lumière que la fabrication du Desserto émet 20 fois moins de CO2 que la fabrication que son équivalent en cuir animal. Ceci est notamment dû à l’exceptionnelle capacité d’absorption du CO2 des cactus, et du Nopal tout particulièrement. La ferme de 6 hectares sur laquelle Adriano di Marti cultive les cactus utilisés pour confectionner le Desserto présente un bilan carbone extraordinaire de 15 tonnes de CO2 émis pour 8100 tonnes absorbées par le Nopal par an. Et au-delà de cet excellent bilan carbone de la culture du Nopal, le processus de fabrication du cuir de cactus nécessite 9x moins d’énergie que celui du cuir animal.

 

Une alternative au cuir animal bénéfique pour les milieux marins

Les bénéfices sur l’environnement du Desserto en comparaison avec le cuir animal ne s’arrête pas aux enjeux du réchauffement climatique. L’eutrophisation est un autre phénomène menaçant à l’heure actuelle la biodiversité, et donc notre environnement, auquel le cuir animal est un contributeur majeur.

Derrière le terme assez technique d’eutrophisation se cache une vérité funeste pour les milieux aquatiques : un déséquilibre de l’écosystème dû à un apport excessif d'éléments nutritifs dans les eaux qui entraîne une prolifération végétale et un appauvrissement en oxygène. L’agriculture et l’élevage intensifs sont d’importants contributeurs à ce phénomène néfaste qui touche aujourd’hui toutes les mers et océans du monde, en raison de leur utilisation massive d’engrais chimiques et leurs rejets de fumiers et lisiers qui finissent bien souvent leur course dans les rivières et les cours d’eaux. Le cuir animal, en tant que débouché majeur de l’industrie de l’élevage, porte donc une part de responsabilité importante dans l’eutrophisation de nos milieux marins. 

Le Desserto, fabriqué à partir du Nopal, plante autochtone du Mexique et cultivée selon les méthodes de l’agriculture biologique sans recours aux engrais chimiques, affirme là encore sa différence positive et vertueuse comparé au cuir animal, en étant 5 fois moins contributeur à l’eutrophisation des milieux marins que le cuir animal.

 

Un procédé de fabrication très économe en eau

Un autre élément important de l’empreinte environnementale des matériaux est la consommation d’eau dans leur cycle de fabrication. L’eau est aujourd’hui une denrée rare, source de fortes inégalités dans le monde, à laquelle il convient de faire extrêmement attention. Déjà en 2005, l’ONU estimait que sur les 6 milliards d’habitants que compte la population mondiale, un cinquième environ (1,2 milliard) vivait déjà dans des régions où l’eau faisait physiquement défaut et un quart (1,6 milliard) était confronté à une pénurie d’eau due au manque d’infrastructures nécessaires.

La consommation associée au cuir animal est très significative. Certains affirment même que produire un sac en cuir de veau nécessite l’utilisation de 17000 litres d’eau. C’est une assertion difficilement vérifiable. Mais les avis s’accordent sur des éléments factuels : la consommation quotidienne en eau d’un bovin est en moyenne entre 40 et 120 litres, la FAO[1] évalue à 1,5 milliards le nombre de bovins en élevage, 71% des terres arables en Europe servent à nourrir le bétail et 70% de l’eau douce prélevée annuellement est utilisée pour l’agriculture. On comprend donc rapidement que la consommation d’eau liée à l'élevage est très significative. Il faut ensuite y ajouter les volumes d’eaux nécessaires au tannage de la peau, estimés à environ 38000 litres par tonne de peau traitée.

La comparaison entre le cuir animal et le Desserto concernant la consommation d’eau tourne rapidement à l’avantage de ce dernier, et cela dans des proportions gigantesques avec une consommation près de 170 000 fois inférieure.

 

Le cuir de cactus Desserto, un matériau esthétique et qualitatif pour une maroquinerie d’exception

Si la tradition maroquinière française est mondialement reconnue et recherchée, elle le doit à l’excellence de ses artisans. Année après année, décennie après décennie, ces artisans ont développé techniques et savoir-faire pour magnifier les plus beaux cuirs animaux et les transformer en objet d’art et de désir.

Mais aujourd’hui, face à l’urgence de protéger notre planète, le cuir animal ne peut plus être le seul et unique choix. Pour continuer à offrir une maroquinerie d’exception, les marques doivent proposer à nos artisans de nouveaux matériaux aussi qualitatifs mais désormais écologiques et responsables.

Comment s’assurer que le matériau retenu, au-delà d’une empreinte exemplaire sur l’environnement, permettra aux artisans de déployer leurs savoir-faire et de délivrer des pièces exceptionnelles ?

Il faut en premier lieu s’assurer des qualités mécanico-physiques du matériau. Derrière ce terme « technique » se cache une batterie de tests réalisés en laboratoire pour mesurer ses qualités, comme la résistance à la traction, à l’abrasion ou encore la résistance à des pliages répétées.

Souhaitant aller au-delà de ces tests standards de l’industrie et démontrer la qualité du Desserto, Maison Maes a travaillé avec le Centre Technique du Cuir, situé à Lyon. Avec ce laboratoire de référence pour l’industrie du cuir, Maison Maes a fait réaliser des tests comparatifs entre la référence de Desserto que la Maison utilise pour ses sacs et petites maroquineries et un échantillon comparable de cuir de veau destiné aux pièces d’une grande maison française. Si le cuir de cactus utilisé par Maison Maes montre une rigidité légèrement supérieure au cuir de veau (qui en fait un matériau adapté à la maroquinerie mais pas le matériau idéal pour la chaussure), il présente des qualités de solidité et de durabilité égales, voire supérieures sur certains critères comme la résistance au frottement.

Ainsi, mis entre les mains des artisans partenaires de Maison Maes, le cuir de cactus Desserto peut être travaillé selon des savoir-faire français d’exception pour se transformer en sacs et petites maroquineries de haute qualité à l’empreinte environnementale bien meilleure qu’un équivalent en cuir animal.

 

[1] Food and Agriculture Organisation – Nations Unies

Collection M1